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Angelo TASCA, Naissance du fascisme, (1938)

"Le jeune fasciste, au milieu d'un monde plein de contradictions, constate avec joie: je n'ai pas besoin de penser, donc je suis" (p. 63)

Avec intelligence et pondération, une critique féroce sur la naissance du fascisme italien - contenant de nombreux éléments valables globalement pour les fascismes.


Angelo Tasca est  né en 1890 en Italie et meurt à Paris en 1960. Après un parcours syndicaliste puis politique au sein du parti communiste italien, fuyant le fascisme, après deux séjours dans les geôles mussoliniennes, il part pour Moscou en 1926, où il est accueilli comme d'autres cadres du PC italien et représente l'"aile droite" du PCI, avec des positions proches de celle de N. Boukharine. Sa pseudo-naïveté (lire l'introduction très drôle et touchante d'Ignazio Silone) le sauve des foudres staliniennes jusqu'en 1929, où il s'enfuit à nouveau - pour Paris cette fois, ayant exprimé son désaccord à propos de la théorie du social-fascisme: à la différence de Vissarionovitch Djougachvili, il pense que le fascisme renforce le capitalisme.
Il rejoint le journal naissant "Le Monde" et y travaille comme journaliste spécialiste des questions internationales.
L'ouvrage "la naissance du fascisme", achevé en 1938,  constitue une approche originale et détaillée du phénomène. Tasca nous propose une grille d'analyse expliquant le phénomène d'un point de vue marxiste, dont les principaux éléments sont valables - et le restent - pour des mouvements d'inspiration similaire.
"Montés sur des camions, les « chemises noires » se dirigent vers le but de l'expédition. Une fois arrivé, on commence par frapper à coups de bâton tous ceux qui ne se découvrent pas au passage des fanions fascistes ou qui portent une cravate, un corsage rouge. On se précipite au siège du Syndicat, de la coopérative, à la Maison du Peuple, on enfonce les portes, on jette dans la rue mobilier, livres et on verse des bidons d'essence : quelques minutes après, tout flambe. Des groupes vont à la recherche des « chefs », maires et conseillers : on leur impose de se démettre, on les bannit pour toujours du pays, sous peine de mort ou de destruction de leur maison. S'ils se sont sauvés, on se venge sur leur famille."
Sources:
  • Naissance du fascisme, Angelo TASCA (1938), Gallimard

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  • Dernière modification : 2014/02/19 15:17
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